La plupart des processus d’achat se terminent au moment de l’acquisition. Le cycle de vie ne fait alors que commencer.
Nous optimisons soigneusement le prix d’achat, négocions les remises, comparons les offres et marchandons des points de pourcentage. Nous laissons largement au hasard tout ce qui suit : exploitation, entretien, approvisionnement en pièces détachées, restitution, recyclage et documentation.
Cela se retourne deux fois contre nous. Sur le plan économique, parce que le prix d’achat représente la plus petite part du coût total pour de nombreux actifs, notamment les véhicules, l’informatique et les machines à forte consommation d’énergie. Sur le plan réglementaire, parce que les preuves de localisation, de valorisation et de composition sont de plus en plus exigées, y compris des entreprises qui ne sont pas elles-mêmes soumises au reporting. [Source : état de la réglementation suisse sur l’économie circulaire, par exemple la loi révisée sur la protection de l’environnement]
Une autre évolution échappe encore à de nombreuses PME : la disponibilité des matières premières et des pièces détachées n’est plus garantie. Celui qui prévoit d’utiliser un appareil pendant dix ans dépend du fait qu’un autre acteur ait planifié la même durée.
C’est un effet secondaire sous-estimé des modèles d’usage. Un financement avec une durée et une date de restitution définies oblige à anticiper la phase finale. Dès la conclusion, il faut déterminer dans quel état l’actif sera restitué, qui le contrôlera et ce qu’il deviendra ensuite. L’achat produit rarement cette discipline de lui-même : le processus s’arrête à l’inscription au registre des immobilisations, et la restitution devient quinze ans plus tard un problème d’élimination.
Deux objectifs souvent présentés comme opposés peuvent ainsi être réunis. Un appareil qui entre dans un processus de reconditionnement après une durée d’utilisation définie est plus logique économiquement et écologiquement qu’un appareil maintenu inefficacement cinq ans de trop avant de finir à la ferraille. La valeur résiduelle n’est pas un effet secondaire, mais une variable qui peut être négociée lors de la conclusion.
L’objection est fondée : ce modèle ne fonctionne que s’il existe un marché de seconde utilisation. C’est le cas pour l’informatique, les véhicules et les machines standard, mais pas pour les solutions spécialisées. Cette distinction est également utile pour classer les actifs de l’entreprise.
Un prestataire informatique prend en leasing ses équipements de travail avec restitution et renouvellement planifiés.
Question sincère : savez-vous où se trouvent aujourd’hui vos appareils d’il y a cinq ans ?
Catégorie : Capital & Investissements
La Banque nationale suisse a maintenu son taux directeur à 0 %. La décision n’a guère surpris. Ce qui est plus intéressant, c’est ce qui évolue derrière ce taux inchangé.
L’inflation s’élevait à 0,8 % en août. La BNS prévoit désormais une inflation de 0,7 % en 2026 et de 0,8 % en 2027 comme en 2028. Parallèlement, l’économie suisse se montre plus résistante que prévu. Pour 2026, la Banque nationale table sur une croissance comprise entre 1,5 % et 2 %.
Un autre facteur compte presque autant que l’inflation pour la BNS : le franc suisse s’est affaibli.
Cela change le débat.
Il y a encore quelques mois, la question était de savoir si la Suisse pourrait renouer avec les taux négatifs. Les banques s’interrogent désormais de plus en plus sur la question inverse : quand la BNS pourrait-elle recommencer à relever ses taux ?
La ZKB ne voit toujours pas de nécessité d’agir en 2026. Mais la combinaison d’une croissance plus forte, d’un franc plus faible et de risques inflationnistes accrus a modifié l’équilibre. Une fenêtre pour des taux plus élevés pourrait s’ouvrir en 2027. Les commentaires de marché actuels évoquent de possibles hausses progressives à partir de mars 2027.
UBS estime également que le cycle des taux s’oriente désormais à la hausse. Elle prévoit deux relèvements, en mars et en juin 2027. Mais la deuxième partie de son analyse est tout aussi importante : une part significative de cette évolution est déjà intégrée dans les prix des marchés de capitaux.
Raiffeisen se montre plus prudente. Les pressions inflationnistes sous-jacentes restent modérées et la BNS peut se permettre d’attendre. Mais là aussi, les marchés anticipent de plus en plus une sortie de la politique de taux zéro l’année prochaine.
Que peut-on en conclure ?
Pas que les taux vont nécessairement augmenter à court terme.
Mais que le sens du débat a changé.
La Suisse reste un pays à faibles taux d’intérêt. La BNS elle-même continue de prévoir la stabilité des prix, et sa prévision d’inflation repose même sur l’hypothèse d’un taux directeur maintenu à 0 % pendant toute la période de prévision.
Mais le débat asymétrique de ces dernières années disparaît progressivement. Les taux négatifs ne constituent plus le scénario dominant. Dans le même temps, un retour à des taux nettement plus élevés n’est pas non plus le scénario de base.
Le scénario le plus intéressant se situe donc peut-être entre les deux :
La Suisse pourrait quitter l’ère des taux zéro sans quitter celle des taux bas.
Pour les entreprises et les investisseurs, cette distinction est plus importante qu’elle n’y paraît.
Car les marchés de capitaux n’attendent pas la prochaine décision de la BNS. Ils commencent à l’intégrer dans les prix bien avant.
Sources :
BNS – Examen de la situation économique et monétaire, 24 septembre 2026
https://www.snb.ch/de/publications/communication/press-releases-restricted/pre_20260924
ZKB – Prévisions de taux et conjoncture
https://www.zkb.ch/de/private/hypotheken-immobilien/rechner-hilfsmittel/prognosen.html
ZKB – Perspectives pour le PIB et les taux suisses
https://www.zkb.ch/de/private/blog/private/anlegen/markt-trends/wir-erhoehen-die-schweizer-bip-prognosen.html
UBS – Global rise in interest rates: Implications for Swiss investors and mortgages
https://www.ubs.com/global/en/wealthmanagement/insights/marketnews/article.3784639.html
UBS – Perspectives actuelles des taux suisses
https://www.ubs.com/ch/de/services/mortgages-and-financing/mortgages/interest-rates.html
Raiffeisen – Évolution des taux et perspectives pour la BNS
https://www.raiffeisen.ch/rch/de/wissen/wohnen/zinsentwicklung.html
SRF/AWP – Réactions des économistes à la décision de la BNS
https://www.srf.ch/news/wirtschaft/geldpolitische-lage-snb-belaesst-leitzins-bei-null-prozent