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Leadership. Capital. Technologie. Suisse. Articles

Un agent d’IA ne devrait disposer que des droits nécessaires.

La Monetary Authority of Singapore et des partenaires du secteur ont publié un document sur les protections des agents en finance. Le cadre SAFR propose des contrôles au moment de l’action: que peut faire l’agent, que faut-il vérifier avant l’exécution et quelle trace conserver? Il s’agit d’une proposition singapourienne, pas d’une règle suisse.

Dans le leasing, la distinction est très concrète. Un agent chargé des documents peut lire un dossier et préparer une demande de pièce manquante. Il n’a pas besoin d’accéder aux paiements. Un agent KYC peut signaler une contradiction; il ne devrait pas valider seul un client.

Chaque agent a donc besoin d’un mandat défini: objectif, sources, actions permises, limites, responsable et possibilité de l’arrêter immédiatement. Toute action sensible devrait être comparée à ce mandat lors de son exécution.

Une capacité technique ne confère pas une autorisation commerciale.

Quelle action refuseriez-vous expressément de confier à un agent?

Source: https://www.mas.gov.sg/news/media-releases/2026/mas-partners-industry-to-develop-safeguards-for-ai-agents-in-finance

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Succession, M&A et croissance

La phase la plus risquée d’une acquisition commence après la signature.
Dans les processus de succession, on discute intensivement et à juste titre de l’évaluation, de la structure, de la fiscalité et des garanties, car les montants sont importants. Ce qui est régulièrement négligé, ce sont les 24 premiers mois après la réalisation.
C’est précisément à ce moment que trois charges se rejoignent. Premièrement, le financement de l’acquisition immobilise des flux de trésorerie et mobilise des garanties. Deuxièmement, un retard d’investissement s’est accumulé parce que le vendeur n’y a, de manière compréhensible, plus remédié durant les dernières années : personne ne modernise juste avant une vente lorsque le bénéfice revient à l’acheteur. Troisièmement, une nouvelle direction prend ses marques pendant que les collaborateurs, les clients et les fournisseurs évaluent la situation et que certains reconsidèrent leurs choix.
Durant cette phase, les décisions reportées arrivent toutes ensemble : machines en fin de vie, flotte vieillissante, systèmes informatiques sans support et intégration d’un deuxième site. Si elles doivent être financées par la même ligne de crédit que le prix d’achat, le nouveau propriétaire doit rapidement choisir entre renoncer à investir et tendre les liquidités. Les deux options constituent un mauvais départ, précisément au moment où il devrait démontrer sa capacité d’agir.
La Suisse fait face à un nombre important de successions à venir, dont beaucoup concernent des entreprises disposant d’immobilisations substantielles. [Source : étude actuelle sur les successions, par exemple Bisnode/Dun & Bradstreet ou l’étude de Credit Suisse] Ce n’est pas un sujet de niche, mais un défi structurel pour les prochaines années.
Le principe pratique est le suivant : la planification des investissements des deux premières années doit faire partie de la due diligence, et non de la période qui suit. Le financement de ces investissements doit être considéré séparément du financement de la transaction. Un financement fondé sur les actifs n’alourdit pas davantage la structure d’acquisition, car il s’aligne sur l’objet et son utilisation.
Cela change aussi la négociation. Celui qui a chiffré le besoin d’investissement peut discuter du prix d’achat avec des chiffres plutôt qu’avec des impressions.
Un successeur reprend une entreprise et prend en leasing de nouvelles installations sans solliciter davantage le financement de l’acquisition.
À tous ceux qui évaluent actuellement une entreprise : avez-vous chiffré le retard d’investissement ou seulement le prix d’achat ?

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La première question à poser à un fournisseur d’IA est simple: où iront les données de nos clients?

L’ESMA fera de l’innovation numérique une priorité européenne de surveillance dès 2027 et cite expressément l’IA. Les autorités européennes soulignent aussi les dépendances envers les fournisseurs technologiques et les cyberrisques. Ces signaux européens ne créent pas, à eux seuls, une nouvelle obligation pour une société suisse de leasing.

Les questions opérationnelles se posent pourtant aujourd’hui. Quels documents parviennent au modèle? Qui peut les consulter? Où et combien de temps les requêtes et résultats sont-ils conservés? Que se passe-t-il si un fournisseur ou une interface tombe en panne?

Attendre la fin d’un projet pilote pour répondre peut imposer de reconstruire un processus qui fonctionne déjà. Je définirais donc les flux de données, les droits et la solution de repli avant tout traitement de véritables dossiers clients.

Une règle écrite ne suffit pas: le contrôle doit fonctionner dans le système et laisser une trace.

Pourriez-vous dessiner aujourd’hui le parcours d’un document client dans votre outil d’IA?

Sources: https://www.esma.europa.eu/press-news/esma-news/esma-sets-new-supervisory-priority-digital-innovation-2027
https://www.eba.europa.eu/publications-and-media/press-releases/esas-call-vigilance-over-external-dependencies-cyber-threats-and-private-credit-risks

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La souveraineté des données devient une question de direction

La question la plus intéressante sur l’IA ne sera peut-être bientôt plus de savoir quel modèle nous utilisons, mais où résident nos données.
Une enquête publiée en juillet 2026 sur le Portail PME suisse révèle une tension éloquente. Quatre-vingt-neuf pour cent des personnes interrogées utilisent déjà l’IA dans leur activité professionnelle. Cinquante et un pour cent jugent important de respecter les normes suisses ou européennes de protection des données. Et 29 % peuvent utiliser l’IA avec des comptes privés. Portail PME
La technologie se propage rapidement, alors que la gouvernance suit parfois lentement.
Une direction ne peut plus s’arrêter à l’achat de licences. Elle doit décider d’une architecture de données.
Quelles informations peuvent entrer dans des systèmes externes ? Lesquelles doivent rester internes ? Comment traiter les données confidentielles des clients ? Qui contrôle les comptes et les autorisations ? Quels modèles peuvent accéder à quelles connaissances ? Que deviennent les requêtes et les résultats ?
Ces questions paraissent techniques. Elles concernent la propriété intellectuelle, la protection des clients, la conformité et la compétitivité.
Elles modifient aussi les investissements. Une entreprise peut avoir besoin d’une autre architecture cloud, d’un environnement d’IA privé, de nouvelles interfaces, de contrôles d’accès plus stricts ou d’un système de connaissances structuré.
La souveraineté des données devient une infrastructure. Elle doit figurer à l’agenda des investissements.
Pas seulement après qu’un premier incident a montré ce qui manquait.

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C’est souvent au troisième projet pilote d’IA que le besoin d’une plateforme apparaît.

Citi présente Arc comme une infrastructure commune pour des agents soumis à des contrôles homogènes. AXA développe un Global AI Hub, dont une première version est utilisée dans cinq entités. Derrière ces annonces se cache une question d’organisation: qui gère les accès, les autorisations, les journaux et la qualité quand les essais deviennent des processus quotidiens?

Une société de leasing n’a pas à reproduire l’échelle d’une banque mondiale. Mais dix assistants séparés, chacun doté de son propre accès aux données clients, deviennent vite difficiles à maîtriser.

Je définirais d’abord des bases communes: sources autorisées, rôles, validations, cas de test et traçabilité des informations utilisées. Des outils spécialisés pour les demandes, le KYC ou les contrats peuvent ensuite s’y raccorder.

La plateforme ne vaut pas par sa taille. Elle vaut par la capacité à mettre un bon projet pilote en production avec des contrôles déjà éprouvés.

Quel contrôle reconstruisez-vous aujourd’hui à chaque essai d’IA?

Sources: https://www.citigroup.com/global/news/perspectives/2026/competitive-differentiator-david-griffiths-building-worlds-most-ai-empowered-financial-institution
https://www.axa.com/press/press-releases/axa-and-publicis-sapient-collaborate-to-deploy-global-ai-hub-at-scale

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La productivité plutôt que la rhétorique sur l’IA

La productivité n’est pas un thème d’avenir. C’est un indicateur que vous pouvez mesurer ce mois-ci.
Le débat sur la transformation technologique se tient sur les estrades. La décision se prend dans l’atelier, l’entrepôt et le véhicule de service.
Pour une entreprise de taille moyenne, l’important n’est pas de savoir quelle technologie fait la une. Ce qui compte, ce sont la production par collaborateur, le délai entre la commande et la livraison, les taux d’erreur et de rebut ainsi que le temps de réglage par changement. Quatre chiffres. On les connaît ou on ne les connaît pas.
Lorsque vous les connaissez, vous identifiez généralement le goulet d’étranglement en une semaine. Il se trouve rarement là où le débat sur l’innovation le suggère. Plus souvent, il s’agit d’une installation reconfigurée manuellement trois fois par équipe, d’un entrepôt où l’on cherche au lieu de préparer les commandes, de commandes saisies deux fois parce que deux systèmes ne communiquent pas, ou de techniciens qui consacrent une demi-journée par semaine aux rapports.
Voici la nouvelle dérangeante pour ceux qui attendent le grand saut technologique : une part importante des gains de productivité réalisables réside dans une automatisation peu spectaculaire, une meilleure technique de stockage et des outils qui ne datent pas de la dernière décennie. C’est difficile à illustrer, mais facile à démontrer.
La Suisse est bien positionnée en comparaison internationale pour la productivité du travail, mais sa progression reste lente. [Source : données de l’OFS ou du SECO sur la productivité du travail] Dans un marché qui offre très peu de spécialistes supplémentaires, ce n’est pas une statistique académique. Pour la plupart des entreprises, croître en engageant davantage de personnel n’est tout simplement plus une option.
Il reste une solution : permettre à chaque collaborateur de travailler avec de meilleurs moyens. Et ces moyens nécessitent du capital.
Le mode de financement détermine si une juste analyse sera suivie d’une mise en œuvre. Un investissement unique est en concurrence avec tout le reste du budget. Une mensualité est en concurrence avec les économies générées par l’installation, et ce calcul est presque toujours favorable lorsqu’il existe un véritable goulet d’étranglement.
Une entreprise de métallurgie prend en leasing une installation automatisée et traite davantage de commandes avec la même équipe. Pas de transformation. Un simple goulet d’étranglement supprimé.
Connaissez-vous vos quatre chiffres ou discutez-vous encore de technologie ?

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Deux refus à l’auto-limitation

70,15 % de non à l’initiative sur la neutralité. 72,52 % de non à l’initiative sur l’alimentation. Aucun canton ne les a acceptées. Le résultat est remarquablement clair.

Les deux textes avaient peu de choses en commun. Et personne ne devrait prétendre que tous ceux qui ont voté non l’ont fait pour les mêmes raisons.

Une lecture commune s’impose néanmoins: la Suisse a rejeté à deux reprises l’idée que la sécurité se construise par des contraintes rigides inscrites dans la Constitution.

La neutralité exige une marge de manœuvre

La neutralité ne signifie pas l’immobilisme.

L’initiative sur la neutralité aurait considérablement restreint la marge de manœuvre de la Suisse en matière de coopération sécuritaire. Une coopération avec des alliances militaires ou de défense n’aurait en principe été possible qu’en cas d’attaque militaire contre la Suisse ou de préparation d’une telle attaque. Les sanctions contre des États belligérants en dehors du cadre de l’ONU auraient également été fortement limitées.

Cela peut sembler cohérent. Mais cette cohérence aurait eu un prix: la perte de flexibilité.

Si la coopération ne peut commencer qu’une fois la menace déjà présente, elle commence trop tard.

La sécurité se prépare en amont. Par le dialogue. Par des exercices communs. Par des partenariats. Par des relations qui fonctionnent avant même que l’on en ait un besoin urgent.

Le non n’est donc pas un non à la neutralité. La neutralité demeure. Ce qui a été rejeté, c’est sa fixation dans un cadre constitutionnel nettement plus étroit.

Et cela compte.

Les cyberattaques, les pressions géopolitiques et la criminalité organisée ne s’arrêtent pas aux frontières. Un État souverain doit donc pouvoir décider quand, avec qui et comment il protège ses intérêts.

L’autosuffisance n’est pas synonyme de sécurité d’approvisionnement

L’initiative sur l’alimentation posait une question similaire sur la notion même de sécurité.

Elle voulait faire passer le taux net d’auto-approvisionnement de la Suisse d’environ 46 % à au moins 70 % en dix ans.

Une production nationale plus importante peut renforcer la sécurité d’approvisionnement. Mais davantage d’autarcie ne signifie pas automatiquement davantage de résilience.

La Suisse dispose de surfaces agricoles limitées, d’une forte densité de population et d’une économie fortement interconnectée. Sa sécurité d’approvisionnement repose donc sur plusieurs piliers: la production nationale, les importations et les réserves obligatoires.

Ce n’est pas une faiblesse.

C’est de la diversification.

Tout gestionnaire de risques connaît ce principe: la résilience ne consiste pas à tout miser sur une seule carte. Elle repose sur plusieurs sources d’approvisionnement, des réserves et des alternatives.

Une agriculture suisse forte est donc essentielle à la sécurité alimentaire.

Mais des partenaires commerciaux fiables le sont tout autant.

La souveraineté, c’est pouvoir décider

C’est là que se trouve le véritable enjeu.

La souveraineté ne consiste pas à avoir le moins de relations possible avec les autres. Elle consiste à conserver la capacité de décider soi-même.

Un pays qui se prive volontairement de ses possibilités futures ne devient pas automatiquement plus indépendant.

La Suisse n’a donc pas à choisir entre indépendance et coopération.

Elle peut rester neutre tout en coopérant en matière de sécurité.

Elle peut renforcer son agriculture tout en continuant à commercer à l’international.

Elle peut défendre ses intérêts sans s’isoler.

Un petit pays au cœur de l’Europe est le plus fort lorsqu’il reste autonome dans ses décisions tout en étant solidement connecté à ses partenaires.

Le double non du 27 septembre peut donc aussi se lire ainsi:

Non à l’auto-limitation.
Oui à la marge de manœuvre.

Ce n’est pas avec moins de coopération que la Suisse devient plus souveraine ou plus sûre.

C’est en conservant la liberté de décider elle-même avec qui elle souhaite coopérer.

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Le KYC ne se résume pas à recueillir des pièces d’identité.

Deutsche Bank utilise depuis septembre une solution d’IA agentique pour l’analyse de l’origine de la fortune dans ses centres de banque privée à Singapour et Hong Kong. Elle consulte des sources approuvées, prépare la documentation et signale les lacunes. L’évaluation reste soumise à un examen humain.

Les questions d’une société suisse de leasing sont différentes. Le travail de rapprochement, lui, est familier: demande, registre du commerce, identification et ayants droit économiques doivent former un ensemble cohérent. Une divergence de nom ou une pièce manquante demande une vérification, pas une formule rassurante.

Un assistant pourrait préparer ce rapprochement pour le service interne. Il ne devrait jamais transformer un résultat incertain en validation. Dans un cas limite, sa meilleure contribution est de montrer ce qui manque et à qui transmettre le dossier.

L’objectif est un dossier plus complet et plus facile à contrôler.

Quelle question récurrente ralentit le plus votre entrée en relation?

Source: Deutsche Bank Private Bank launches Agentic AI solution for Source of Wealth KYC processes | News

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Le bon étalon de comparaison pour la place économique suisse

Une place économique peut bien se situer dans une comparaison régionale et subir malgré tout une pression croissante.
Dans « Climbing higher », McKinsey et la Swiss AmCham relèvent qu’environ 80 % des CEO interrogés comparent la Suisse à des sites mondiaux. Les personnes interrogées représentent avant tout le point de vue d’entreprises actives à l’international.
Je considère ce constat pertinent pour les PME suisses également. Le bon étalon découle de la décision du client. Quelle qualité peut-il obtenir ailleurs ? Dans quels délais est-il livré ? Avec quelle fiabilité les problèmes sont-ils résolus ?
Répondre à ces questions uniquement en regardant des concurrents familiers, c’est peut-être se juger trop facilement.
Il en va de même pour les investissements. Une nouvelle installation devrait être jugée sur sa capacité à améliorer notre position dans la concurrence réelle. Un progrès par rapport à notre propre parc de machines ne suffit pas encore à la justifier.
La force d’une place économique naît de nombreuses décisions de ce type. Et du courage de choisir une comparaison dont nous avons encore quelque chose à apprendre.

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